- Une usine en zone urbanisée dans le Parc du Luberon
- Une usine créant des risques nouveaux
- Une usine aux nuisances nombreuses avec des impacts sur la santé
- Un projet expérimental
- D'autres raisons de s'opposer à cette usine
- La Position de Luberon Nature
EBV, et les pouvoirs publics, veulent implanter cette nouvelle usine
Compte tenu de tous les risques et nuisances
présentés dans la suite de cette page,
il est inadmissible d'envisager
qu'une telle usine soit construite dans Coustellet.
Nous sommes dans ce Parc, une zone déclarée « réserve de biosphère » par l'UNESCO en 1997.
Si ces mots ont un sens, ils doivent être respectés.Cet espace doit être préservé pour les générations futures.
Grâce à ce parc, notre région vit en grande partie du tourisme et de ses retombées. Ne l'oublions pas et ne mettons pas cette activité en péril. Les conséquences de l'implantation de cette usine seraient graves sur tout l'équilibre de la région.
Devons nous mettre en risque notre santé et la santé de nos enfants ?
Aujourd'hui la distillerie de Coustellet fonctionne dans de bonnes conditions de sécurité
et présente des risques techniques maitrisés.
Mais nous ne voulons pas des nouveaux risques qui seraient créés.
Selon les informations fournies par EBV, il existe des risques de pollution du sous-sol
et du fossé de drainage en cas de dispersion accidentelle de produits toxiques.
EBV signale aussi dans le dossier d'enquête d'utilité publique des risques d'explosion de silo.
Un "effet domino" important
La future usine et la distillerie vont être étroitement imbriquées, et seront à proximité de la cave viticole.
Un incendie, une fuite ou une explosion dans cette usine ou dans la
distillerie pourrait avoir rapidement des effets désastreux sur l'autre
entité, le sinistre de l'une se propogeant par "effet domino" à l'autre.
Ceci est souligné par les pompiers dans leur rapport.
De nouveaux risques identifiés
Environ 4,5 tonnes/heure de CO (monoxyde de carbone) transitent en conduites entre le gazéificateur et les moteurs.
Ce CO est mélangé à un peu de méthane et d'hydrogène, soit un total de 5,3 tonnes heure.
Ce mélange est hautement explosif et peut conduire à un accident chimique majeur,
tel que la constitution d'un nuage explosif au-dessus de l'usine suite à une simple fuite ou bien à une rupture de conduite.
De nombreux cas d'explosion aérienne se sont produits en milieu industriel, malgré toutes les mesures de sécurité en place.
Les effets sont désastreux (morts, destruction de bâtiments sur un large périmètre et incendies).
Ceci est tout à fait inacceptable pour un village comme Coustellet. De nombreux exemples peuvent être cités.
L'ADEME (Agence de l'Environnement et de Maitrise de l'Energie) conclut dans une étude sur la gazéification de la "biomasse"
que le type de gazéificateur proposé par EBV n'est pas adapté à la production d'électricité.
Ceci est lié principalement à la production
de goudrons qui ne sont pas éliminés et qui empêchent les moteurs de fonctionner correctement.
La liste des produits rejetés chaque année est transmise dans le rapport EBV :
Des précisions sur les deux derniers corps toxiques
A cela, il ne faut pas manquer d'ajouter les milliers de tonnes de gaz carbonique (CO2) sortant des moteurs à gaz (équivalent à plus de 100 moteurs de voitures tournant 24 heures sur 24 à grande vitesse).
Un CO2 pas si inoffensif
Pour promouvoir cette usine dite "verte", on annonce que "Le bilan CO2 est considéré comme nul puisque le CO2 rejeté est uniquement celui que les végétaux ont fixé pour leur croissance".
Mais le CO2 absorbé par les végétaux sur de vastes surfaces en France (les plaquettes de bois provenant du Sud-Ouest par exemple) sera rejeté en un seul point à Coustellet. C'est un effet de concentration des rejets qui est inacceptable dans une agglomération.
Les écoliers, nos enfants, vos enfants vont en prendre plein les poumons.
D'autres composés à risque sont oubliés dans le rappport EBV.
Des déchets et pas uniquement de la "biomasse"
L'usine est présentée comme une usine verte faite pour traiter de la "biomasse"
Mais l'autorisation demandée par EBV pour la combustion (autorisation 2910B) est une autorisation pour des déchets.
Ceci concerne en particulier les déchets de bois. Ceci veut dire les déchets forestiers mais aussi les chutes de fabriques de meubles avec les plaquages en plastique, les colles, les vernis et des bois divers, comme les traverses de chemin de fer, les palettes ou des poteaux traités pourront être traités dans cet "incinérateur à bois".
Vu la variabilité de la composition de ces plaquettes, il sera difficile de tout éliminer...
Des normes très évolutives...
Même si EBV dit « être dans les normes », cela a peu de valeur, car les normes changent au cours du temps avec la progression de nos connaissances scientifiques et deviennent plus restrictives.
Rappelez vous de l'amiante, du tabac, des encres, peintures, vernis et autres colles, des tuyaux en plomb, du plomb dans l'essence, etc.
Il faut savoir aussi que les normes sur les incinérateurs sont est en cours d'évolution tant en France qu'en Europe.
Traiter des déchets produit des cendres, qui ici représenteront 3 à 5% de la matière première initiale...
Qu'est-il prévu dans ce projet pour le traitement des cendres ? Pour le moment, il est expliqué que quand une solution aura été trouvée, un projet spécifique sera établi... avec probablement une nouvelle enquête d'utilité publique.
Ceci n'empeche pas EBV d'annoncer froidement : "Quant aux déchets -des cendres issues du passage des matières premières de l'état solide à l'état gazeux-, ils seront valorisables en épandages agricoles". Ceci dans un article paru en janvier 2006.
Or, les composés cités plus haut rendent de facto l'utilisation des cendres en épandage complètement inconcevable. Ceci montre la méconnaissance totale d'EBV sur ce sujet, sur les risques encourus.
Les nuisances olfactives ? Nous avons déjà évoqué les "vertus" de l'acide butyrique.
Les nuisances sonores ? Les matières entrantes devront être broyées avant d'être traitées dans le gazéificateur
Ces broyeurs fonctionneront 24h sur 24. Même couverts par des capots, ils seront une source de bruit évidente. C'est une nuisance qui n'existe pas aujoud'hui.
Une Torchère à Coustellet qui ne fonctionnera pas en permanence... mais qui ne sera pas purement décorative !
Elle devra être utilisée dès que nécessaire pour éliminer le CO, ou monoxyde de carbone, produit en excès, en particulier en cas de dysfonctionnement ou de diminution de la demande d'électricité, avec toutes les nuisances sonores, visuelles et olfactives que cela comporte.
Ce site est un prototype de 1MWe qui a fonctionné pour la 1ère fois
à la mi juin 2006. Un tel site ne peut avoir d'autorisation de
fonctionner, sans enquête d'utilité publique préalable, que pour une
période de 6 mois renouvelable une fois. La 2ème tranche de 6 mois
est venue à expiration le 4 janvier 2007.
Après cette date, le pilote a été arrêté. il est actuellement en phase de "d'entretien".
Une nouvellle demande d'exploiter a été déposée à la Préfecture de Haute-Vienne et le dossier est en état d'examen "de recevabilité" par la DRIRE locale.
Pour information, vous pouvez consulter le rapport de la DRIRE établi avant le renouvellement de l'autorisation, ainsi que l'autorisation préfectorale qui a suivi.
Ce site devait permettre à EBV de calibrer et de tester ses
installations sur un pilote de 1MWe. Mais aucune information sur le
résultat de ces expérimentations n'a été rendu public.
Pour savoir à quoi ressemble le site de Moissannes, , site prévu pour 1 MWe, rendez vous en dernière page de la présentation suivante. N'oublions pas que l'usine de Coustellet est prévue pour une puissance de 12MWe, EBV ayant demandé une superficie d'un hectare pour l'implantation de son usine!
Dans ce projet, la société EBV (Energie Biomasse Valorisation) est le constructeur et l'exploitant.
L'investisseur est EDF Energies Nouvelles (EEN), filiale à 50% du
Groupe EDF, les 50% restant étant répartis à parts égales entre
l'actionnariat privé et la société SIIF Luxembourg (Société
Internationale d'Investissements Financiers S.A.), une société
luxembourgeoise.
Pour
votre information, EEN envisage de devenir un acteur majeur du marché
mondial de l'éolien et des énergies renouvelables. De plus, EDF lui a
accordé l'exclusivité de ses activités en matière d'énergies
renouvelables (hors grandes installations hydrauliques) et participe à
toutes les décisions stratégiques de la firme.
Ce projet devrait être financé pour partie par des subventions d'état, donc par
l'argent du contribuable.
EDF a obligation de racheter au prix fort l'électricité produite (jusqu'à 300% du prix habituel)
dans le cas d'usines de production de ce type.
Donc c'est aussi l'argent du consommateur
qui aide à financer ces projets.
Le 29/11/06, EEN vient d'effectuer son entrée en bourse à Paris : "avec succès" au dire de Mr Mouratoglou, son président.
Voici la fin de l'article publié le 30/11 dans Libération :
Système d'aide
Si aujourd'hui produire de l'électricité verte, notamment à partir d'éoliennes,
est une affaire rentable, c'est d'abord grâce aux subventions publiques. «C'est le principe
même du marché, en Europe comme aux Etats-Unis. Il ne peut exister sans un système d'aides», assure Pâris Mouratoglou. Mais
que se passera-t-il dans dix ou quinze ans, lorsque les gouvernements reverront leur copie ?
«Pour l'instant, beaucoup de pays, comme la France, sont en retard sur leur objectif de production
d'énergie renouvelable. Alors les aides sont plutôt à l'augmentation», poursuit-il.
Et Libé de conclure : Et, comme un effet domino, la Bourse suit. Logique.
L'effet domino prévu à Coustellet ne sera pas de même nature !!!
EBV et EEN ne s'en cachent pas
Tous calculs faits, le retour sur capital devrait être de l'ordre de 60%,
et procurer à l'investisseur une "rente" d'environ 4,8 millions d'euros par an.
Un modèle économique critiquable !
Le modèle économique de l'usine de Coustellet se révèle alors très
simple : EDF, entreprise où l'État est actionnaire majoritaire,
garantit des rendements élevés grâce à des prix imposés. Elle assure
ainsi un profit confortable aux actionnaires privés luxembourgeois.
On s'apprêterait ainsi à mettre en place un transfert permanent de l'argent public, (de nos impôts et de nos factures)
vers des entités étrangères privées, au nom du développement expérimental de la filière "biomasse" en France.
On nous promet une diminution du nombre de camions. Mais de combien ? En réalité, 1 camion par jour en moyenne
De sérieux doutes pour les marcs de raisin.
Compte tenu des prévisions d'évolution de la consommation de vin, et des demandes d'arrachages de vignes, il est réaliste d'émettre de sérieux doutes sur la disponibilité des mêmes quantités de marc de raisin dans un futur proche.
Marcs de raisin qui trouvent aujourd'hui un usage très écologique pour l'agriculture.
Peu de créations d'emplois
Mais combien d'emplois existants ou potentiels menacés par l'impact de tels projets sur le tourisme ?
Avec plus d'inconvénients que d'avantages économiques
Peu de créations d'emplois, une taxe professionnelle dont on n'arrive pas à connaître
le montant mais qui sera amputée de subventions, supprimées suite à l'arrivée de cette taxe, mais aussi :
Une Usine ne Correspondant à Aucun Besoin Local
et Sans Bénéfice Réel pour La Région !
En juillet, Luberon Nature a informé le public de l'existence de l'enquête d'utilité publique et depuis le début
nous travaillons ensemble pour nous opposer à l'usine de Coustellet.
Début novembre, Luberon Nature a fait paraître des articles sur le projet d'Usine de Coustellet
dans le journal "Le Pays d'Apt".
Nous vous invitons à lire ces divers articles sur :
Dans le même journal, R.Valentino, maire de Maubec, donnait
ses arguments en faveur du projet.
Une position bien différente puisque, pour lui, l'Usine va "améliorer l'attractivité des lieux" !
Vous pouvez aussi consulter un extrait de leur dernière parution des "Brèves Nouvelles" (n°96 de janvier 2007), consacré au projet d'usine de Coustellet.
remarques sur le rapport de l'enquête d'utilité publique.
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