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Association Collectif Coustellet-Luberon

 
Lettre Ouverte de L'ACCL
 

Aux Maires de la Communauté De Communes De Coustellet
12 septembre 2006
 


USINE DE COUSTELLET ==> LA VERITE !


Madame, Monsieur, voici le texte de la lettre ouverte adressée récemment par l'ACCL aux maires de Cabrières d'Avignon, Lagnes, Maubec, Oppède et Robion en réponse à leur lettre de début août 2006.


Pour lire la lettre des maires, cliquer ici.

 

     Madame, Messieurs les maires

Fin juillet 2006, bon nombre de vos concitoyens ont appris l'existence du projet de création d'une usine de gazéification à Coustellet. Cette information, qui s'est propagée peu de temps avant la fin de l'enquête d'utilité publique, a aussitôt suscité une grande émotion dans la population.
Vu le peu de temps disponible pour s'informer sur le projet, un tract, excessif dans ses termes et dont nous ne sommes pas les auteurs, a cependant permis à beaucoup d'entre nous d'apprendre l'existence de ce projet, mais a entraîné bon nombre d'interrogations. De là à qualifier les auteurs de ce tract de " manipulateurs ", nous pensons que le propos est sans aucun doute excessif.

     Les documents et bulletins municipaux des communes concernées auraient dû nous transmettre depuis longtemps des informations précises sur ce projet, dont vous aviez connaissance depuis 2004. Ce ne sont pas les quelques articles parus dans la presse, avec des informations transmises par les futurs exploitants de l'usine qui auraient pu apporter une information suffisante à ceux qui auraient eu la chance de les lire. Nous ne polémiquerons pas sur nos notions différentes de la communication. Il est bien trop tard pour cela.

     Après avoir étudié ce dossier en détail, notre Association-Collectif " Coustellet - Luberon " tient à vous apporter, ainsi qu'à l'ensemble de la population concernée, les précisions et rectifications suivantes.

     1. Vous indiquez dans votre lettre que " cette unité ne représente aucun danger pour la population, ni par risque d'explosion, ni par émanations dangereuses ".
     Ceci est trompeur : tout ne sera pas éliminé. Des résidus toxiques et des produits cancérigènes seront rejetés dans l'atmosphère.
     EBV, constructeur et exploitant de l'usine, déclare lui-même que l'usine rejettera dans l'atmosphère par an (doc. 4, p. 26) : 210 tonnes d'oxyde d'azote, 510 tonnes de monoxyde de carbone (CO), 21 tonnes de composés organiques divers et inconnus, 27 tonnes d'acides acétiques, 6,3 tonnes d'éthyl-acroléine, 2,1 tonnes d'acide butanoïque. A cela, il ne faut pas manquer d'ajouter les milliers de tonnes de gaz carbonique (CO2) sortant des moteurs à gaz (équivalent à plus de 100 moteurs de voitures tournant 24 heures sur 24 à grande vitesse).

     En complément, l'étude EBV sur les dangers (doc. 5, p. 9) indique que les produits libérés en cas d'incendie pourront être dangereux pour le personnel (il n'est pas fait mention des personnes qui résident à moins de 100 mètres) et qu'il existera un risque de pollution du sous-sol et/ou du fossé de drainage en cas de dispersion accidentelle. Elle signale aussi l'explosion possible d'un silo.

     Votre affirmation est donc mensongère.

     2. Vous indiquez dans votre lettre que " ce procédé n'est pas classé Sevezo " et que " le périmètre de sécurité est de zéro mètre ".

     Cette usine est néanmoins classée à risque car les risques existent. Deux d'entre eux sont même soumis à autorisation : la fabrication de gaz inflammable et l'installation de combustion.
     Comment ose-t-on, dans ces conditions, certifier que le périmètre de sécurité est de zéro mètre ?


     3. Vous indiquez dans votre lettre que " l'usine ne dépasserait pas en hauteur les installations actuelles de la distillerie ".
     Elles devraient être de tailles équivalentes. Nous pouvons relever dans le dossier les hauteurs suivantes : 25m pour la torchère, 23m pour le séchoir basse température, 18m pour le stockage de biomasse humide, 17m pour la biomasse séchée.
     Nous pouvons aussi préciser que l'usine devra tourner 365 jours par an, l'électricité produite étant livrée au réseau EDF, au village des Beaumettes. En cas d'incident technique interne à l'usine, ou si EDF ne pouvait pas utiliser l'électricité produite, la torchère, toujours allumée, et prévue pour brûler les gaz produits en excédent, entraînerait alors des nuisances olfactives, chimiques et acoustiques importantes.

      4. Vous comparez dans votre lettre le trafic de camions " avant et après ".
      Mais au vu des quantités transportées, il semble ne pas s'agir de camions de même gabarit, camions qui, de plus, transporteront de l'ordre de 60 000 tonnes de plaquettes de bois sur des centaines de kilomètres en provenance du Sud-Ouest, avec toutes les nuisances et pollutions que cela implique.

     Quant à votre citation de l'Association " Luberon Nature " parlant de " démarche très positive... ", elle est inexacte et de plus, elle est tronquée. La phrase intégrale, évoquée dans un avis préliminaire, disait : " Cette démarche peut être très positive si elle permet par exemple de supprimer l'activité de compostage de la distillerie mais une grande vigilance doit être déployée pour qu'elle ne génère pas de nuisances nouvelles ". Cette association a depuis lors émis un avis négatif, après étude complète du dossier.
     Nous dénonçons ici votre façon de manipuler l'information.

     Nous pensons qu'une lecture insuffisante du dossier vous a amené à ne pas prendre suffisamment en considération les risques et les nuisances importants inhérents à une telle usine.
     Vous devez donc appliquer le principe de précaution sur ce dossier.

     Vous savez fort bien que cette usine, implantée dans le Parc Naturel Régional du Luberon, l'est aussi dans une zone en cours d'urbanisation, à proximité d'écoles, d'une crèche en construction, de commerces et de logements.


     Nous vous rappelons les termes de votre lettre du 3 juillet au Préfet, donc avant même la fin de l'enquête d'utilité publique : " Vu l'aspect commercial que nous développons sur Coustellet depuis plusieurs années, nous ne souhaitons pas de nuisances supplémentaires, quelles (sic) soient olfactives, bruyantes, polluantes pour la faune et la flore ou présentant des risques pour notre population. (même très proche du site retenu). Si tel était le cas, je vous demanderai (resic) d'émettre un avis négatif sur cette installation. "

En conclusion, nous insistons pour que vous demandiez instamment au Préfet
d'émettre un AVIS NEGATIF sur ce projet.
Si vous le jugez nécessaire, et afin de mieux défendre cette position, nous sommes à votre disposition
pour vous apporter les arguments techniques justifiant notre demande.
 

Aude Collin, Présidente de l'ACCL Fait à Maubec, le 12 septembre 2006
Anne-Marie Dupré, Secrétaire Générale
Jean-François Duval, Trésorier